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Restaurant Le Coupe-Chou

Restaurant Le Coupe-Chou - 9 & 11, rue de Lanneau 75005 Paris


Remise des insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et des lettres à Francis Nani (Directeur associé du Coupe-Chou)


Rédigé le Jeudi 17 Septembre 2009 à 13:07 | Lu 2318 fois


Remise des insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et des lettres à Francis Nani (Directeur associé du Coupe-Chou)
Discours du ministre de la culture, Christine Albanel, lors de la remise des insignes de Commandeur à Francis Nani, l'un des directeur du Coupe-Chou :

Cher Francis Nani,

Je suis très heureuse de vous rendre hommage ce soir dans cette maison à laquelle vous avez consacré une grande partie de votre vie. Ce magnifique théâtre, parmi les plus beaux de Paris, est au cœur de l’histoire du théâtre français : il a accueilli en effet la troupe de Molière et des Italiens, avant d’être repris par Lully qui y fit installer par Vigarani une machinerie capable d’y réaliser les effets requis par l’invention de ses décors.

Ce lieu de création et de mémoire, vous le dirigez avec passion et talent depuis bientôt vingt ans, aux côtés de votre complice de toujours, M. Christian Azzopardi, que je salue chaleureusement. Je voudrais également saluer la mémoire de celui qui formait avec vous un trio détonnant, au service de la culture et du théâtre parisiens, Francis Lemonnier.

Les décors virtuoses de Puzzle, conçus pour les nombreux flash-backs de cette pièce, se prêtent merveilleusement à un retour en arrière sur votre carrière. Mais contrairement aux personnages de Woody Allen, frustrés de n’avoir pu choisir véritablement la seule vie qui leur était offerte, vous semblez en avoir vécu mille. A la fois artiste confirmé et entrepreneur à l’intuition très sûre, vous n’avez en effet jamais cessé de prendre des risques et de susciter des rencontres inédites entre comédiens, auteurs et spectateurs.

C’est en 1955 que vous avez quitté Alger, votre ville natale, pour suivre le Cours Simon à Paris. Très vite, vous avez entamé une brillante carrière sur les planches et sur le grand écran. Au théâtre, vous avez participé à de nombreuses créations dont la fameuse pièce L’Année du bac, jouée pendant quatre ans au Théâtre Édouard VII. Au cinéma, vous avez tourné avec les plus grands réalisateurs, André Cayatte, Henri Verneuil, Marcel Carné ou encore René Clément.

En 1962, vous avez ouvert le fameux restaurant Le Coupe-Chou, avec Francis Lemonnier et Christian Azzopardi. Ce fut, dès son ouverture, bien plus qu’un restaurant, un véritable lieu de rencontre de tous les talents de la scène artistique parisienne et des plus grands artistes mondiaux en tournée dans la capitale. Pierre Brasseur, Brigitte Bardot, Louis de Funès, mais aussi les Beatles ou les Rolling Stones s’y sont retrouvés après leurs spectacles. Vous y avez même déroulé le tapis rouge pour accueillir la Reine du Danemark dans les années soixante.

Une nuit vous est restée, je crois, plus particulièrement en mémoire : c’était en janvier 1973, Jean Poiret, Michel Serrault, Pierre Mondy, et Jean-Michel Rouzières improvisèrent jusqu’au petit matin les répliques qui allaient faire hurler de rires mille spectateurs, tous les soirs pendant sept ans, dans leur célèbre pièce : la Cage aux folles, justement dans ce même théâtre du Palais Royal.

Offrir le couvert à vos amis artistes ne vous suffisait plus, vous vouliez aussi leur dédier une nouvelle scène. Vous avez donc ouvert en 1970 le café-théâtre le Coupe-Chou Beaubourg, avec une salle de 120 places, où les spectateurs pouvaient découvrir des œuvres de Tennessee Williams, Marguerite Duras, ou encore Nicolas Bataille.


Fort de ces succès, vous avez acheté en 1989 le Théâtre des Variétés et le Théâtre du Palais Royal, toujours avec Francis Lemonnier et Christian Azzopardi. Quand trois fous d’art dramatique se donnent carte blanche pour faire vivre une scène riche de plus de deux cents ans d’histoire, cela donne un lieu atypique, chaleureux, surprenant, et à l’identité très forte.

Après avoir dirigé la Comédie des Champs Elysées pendant trois ans, jusqu’en 1993, vous vous êtes voué entièrement à ce théâtre, dont vous êtes devenu le Président directeur général.
Vous avez toujours su réveiller l'âme et la magie des lieux. Ces murs résonnent encore des éclats de rire déclenchés par les pièces de Labiche et de Feydeau, et vous n’avez pas ménagé vos efforts pour que ce théâtre retrouve le lustre et le prestige qu’il avait lorsque leurs pièces y furent données. Pendant plus d'un an en effet, vous avez suivi les travaux de restauration de la façade qui a retrouvé ses dorures de 1880, avec le soutien notamment du ministère de la Culture et de la Communication.
Vous avez su rester fidèle, dans vos choix de programmation, à l’esprit de Rabelais, immortalisé sur le fronton de cette scène : « mieux est dez ris que de larmes escrire / Pour ce que rire est le propre de l'homme / Vivez joyeux. » Avec des textes de Guitry et Feydeau, bien sûr, mais aussi en révélant des artistes aujourd’hui cultes, comme ce « Quatuor » hilarant de musiciens, acrobates et humoristes qui y a connu ses premiers triomphes dans les années quatre-vingt-dix.

Votre humanité, votre générosité, votre capacité à insuffler de la vie dans les lieux les plus divers, et ce bel esprit que vous promenez sur le monde vous ont attiré l'amitié et la fidélité de nombreuses personnalités et la reconnaissance de vos pairs. Vous avez ainsi été élu Vice-Président du Syndicat des Directeurs de Théâtres Privés, et je suis heureuse de profiter de cette occasion pour rendre hommage au dynamisme de ces salles parisiennes, (avec une exception lyonnaise d’autant plus remarquable !) qui sont essentielles pour le paysage dramatique de notre pays. L’Etat soutient et continuera à soutenir le financement des théâtres privés à travers ce syndicat, comme j’ai eu l’occasion de le dire récemment à sa Présidente, Madame Mignal. J’y serai personnellement très attentive.
Je salue le talent et le cœur avec lesquels vous contribuez à faire vivre la scène dramatique parisienne, conjuguant tradition, exigence, audace, et un succès jamais démenti.

Cher Francis Nani, au nom de la République, nous vous faisons Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Source : http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/conferen/albanel/fnani.htm



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