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Restaurant Le Coupe-Chou

Restaurant Le Coupe-Chou - 9 & 11, rue de Lanneau 75005 Paris


La Revue - Déjeuner avec Yves Coppens


Rédigé le Jeudi 26 Avril 2007 à 12:34 | Lu 8040 fois


La Revue - Déjeuner avec Yves Coppens
Pour La Revue, Jimmy Carter, Jean d’Ormesson, Driss Basri, Pascal Lamy… ont déjà accepté de se « mettre à table ». Au sens propre comme au sens figuré : libres de leurs propos et de choisir « leur » restaurant. Cette fois, Juliette Morillot avait pour convive, au Restaurant Le Coupe-Chou, le « père » de notre ancêtre Lucy. Yves Coppens, Paléontologue, professeur au Collège de France.

«Vous savez, je n’ai guère de temps. J’ai une tête de mammouth sur les bras, la petite cousine de Lucy, un bébé australopithèque dont je dois m’occuper et une soirée avec Jacques Chirac pour l’ouverture officielle du tout nouveau Haut conseil de la science et de la technologie [créé en juin dernier] ! Mais retrouvons-nous au Coupe-Chou, derrière le Collège de France. C’est un peu ma cantine ! »

Au Coupe-Chou – trois anciennes demeures bancales blotties dans un entrelacs de ruelles, au flanc de la montagne Sainte-Geneviève –, Yves Coppens est chez lui. L’endroit est sombre, exigu, chauffé par d’énormes cheminées. Nous remontons le temps à travers un dédale de salles et d’escaliers qui fleurent la cire, la pierre humide et les tentures passées, et rejoignons le paléontologue dans un petit salon meublé de bergères et de guéridons anciens, la Conciergerie. Un jour indécis filtre à travers les fenêtres, au ras des pavés mouillés autrefois foulés par Ronsard, Du Bellay ou le roi Henri IV accompagné de la belle Gabrielle d’Estrées…

Nous sommes dans le ventre de Paris, au coeur de l’Histoire, au-dessus de thermes galloromains. « Plus anciens encore que ceux de Cluny, précise Yves Coppens, une coupe de champagne à la main. Ils datent de 170 après Jésus-Christ. » Un sourire moqueur se dessine dans sa barbe. « Comme j’ai toujours adoré les os, j’ai été enchanté d’apprendre, lors des fouilles dans le quartier, qu’une boucherie était autrefois installée le long de l’ancienne voie romaine, l’actuelle rue Saint-Jacques ! J’ai toujours été attiré par l’histoire, les voyages… Du côté de ma mère, nous sommes bretons… quoique je finisse par en douter, depuis qu’un de mescollègues d’Oxford, venu un jour me gratter l’intérieur de la bouche, m’a affirmé que ma
mère n’avait rien de breton ! » Il rit, repose sa coupe et s’installe confortablement dans un fauteuil de velours vert sombre. Yves Coppens raconte. Avec la maestria du professeur au Collège de France, habitué à expliquer avec simplicité et précision, mais attentif à toujours emporter son auditoire, le surprendre et l’amuser.

« Ce savant d’Oxford, spécialiste de l’analyse de l’ADN mitochondrial, a déterminé sept grands ensembles de peuplement de l’Europe. À en croire l’ADN trouvé dans mes prélèvements buccaux, ma gentille maman viendrait d’Asie ou du Caucase ! Ce genre de recherche n’est pas toujours très apprécié : les Américains s’en montrent friands quand on leur découvre des ancêtres normands ; mais dès qu’on leur parle de racines africaines, les choses se gâtent ! On touche là à des domaines sensibles : l’anthropologie, loin d’être anodine, peut prendre des allures politiques. La technique d’analyse de l’ADN mitochondrial sur les Amérindiens a permis de mettre en évidence un peuplement de l’Amérique via le Pacifique et le détroit de Béring. Il y a une dizaine d’années, les États-Unis ont étouffé la découverte, du côté de Seattle, d’un squelette montrant des origines caucasoïdes laissant supposer d’anciennes migrations par l’Atlantique. En effet, comment expliquer aux Indiens, même sous couvert de science, qu’ils n’étaient peut-être pas les premiers ? »

L’oeil d’Yves Coppens frise de ces tours que la science peut jouer aux hommes. « Toujours est-il que dans la maison de mon enfance, à Vannes, régnait une atmosphère vraiment bretonne. J’ai rêvé devant ces cartes postales sur lesquelles ma grand-mère rédigeait ses voeux : des car tes du Caire, de Bombay ou d’Alexandrie, rapportées par ses frères marins. Enfant, je clamais haut et fort : “Quand je sera grand, je sera soldat nègre !” Ma mère me rétorquait : “Soldat, tu pourras, nègre, non.” Ce fut ma première grande frustration ! J’aimais aussi les châteaux forts, Carnac et ses pierres levées. Une vraie passion chevillée au corps ! À chaque anniversaire, mes parents m’offraient le plus beau cadeau du monde : une pièce de monnaie romaine… »

Yves Coppens sourit, heureux d’évoquer son enfance, sa mère pianiste concertiste, disparue trop jeune, à 47 ans, son père physicien, spécialiste de la radioactivité des roches, qui le fit tomber tôt dans « la marmite » en lui parlant de ses travaux sous l’autorité d’Irène Joliot-Curie. « Il évoquait souvent, devant ma sœur et moi, une certaine Zoé qu’il […]

Pour lire la suite, procurez-vous La Revue.



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