L'historique du Coupe-Chou


Rédigé le Mercredi 24 Mai 2006 à 00:00 | Lu 49394 fois


La facade du restaurant
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Trois comédiens, Francis Lemonnier, Francis Nani et Christian Azzopardi, décident de créer un restaurant de nuit pour accueillir les acteurs et les clients après le spectacle. Ils achètent un immeuble, le restaure, armés de patience et de ténacité.

Le 3 novembre 1962, le restaurant « le Coupe Chou » ouvre ses portes pour la première fois. On peut y rencontrer toutes les vedettes françaises ou étrangères, le restaurant ne désemplit pas. La formule, restaurant de nuit avec une belle carte, marche.

Le charme retrouvé de cette demeure Louis XIII émerveille, le Coupe Chou devient le restaurant des amoureux. En 1965, ils achètent l’immeuble mitoyen, le 11 rue de Lanneau, qui est un bar de routiers, appelé « le Puits Certain ».

Deux ans de travaux, de recherches historiques, des mois de prospection chez les antiquaires à la recherche de meubles et de bibelots, redonnent à cette maison sa réelle apparence, datant du XVIIème siècle.

Aujourd’hui, « le Puits Certain » est l’entrée principale du Coupe Chou.

Le Coupe-Chou, s’agrandit et l’on passe d’une maison à l’autre par des escaliers et d’étroits couloirs... C’est un restaurant élégant, discrètement ouvert sur l’étroite et pittoresque rue de Lanneau, au flanc de la montagne Sainte Geneviève, près du Collège de France, de la Sorbonne et de la Contrescarpe, il a pour cadre ces maisons anciennes du Vieux Paris dont on aime se rappeler l’histoire.

La conciergerie avant les travaux
Dans un coin, des marches en pierres descendent aux caves qui abritent les toilettes raffi nées où vous pouvez toujours entendre la musique discrète qui vous accompagne tout au long de votre soirée. Un escalier, à balustres de bois tourné Louis XIII, vous mène à l’étage et c’est une charmante salle à manger aux murs patinés de vert sombre où se dessine l’ancienne ossature à pans de bois. Quelques marches, voici la Conciergerie, salon aux profonds fauteuils de velours, bergères et petits guéridons, vous venez prendre l’apéritif en croquant des feuilletés chauds, vous commandez et passez à table quand c’est prêt ! Puis vous accédez dans la salle du barbier qui a conservé ses tommettes, sa cheminée, ses poutres, ses colombages... Trois marches, une porte, et vous êtes dans la bibliothèque où le couvert vous attend, vous traversez une salle à manger boisée aux gravures anglaises où un joli feu de bois crépite ensuite vous accédez au jardin d’hiver...

La plaque de rue du 17ème siècle
Notre Dame, la Seine, la Contrescarpe, le quartier latin, la rue Mouffetard, le Panthéon sont les témoins de notre histoire, que le Coupe-Chou sait si bien, le temps d’une soirée inoubliable, nous faire revivre. En restaurant les caves du Coupe Chou, les propriétaires ont découvert les vestiges d’une cité gallo-romaine, datant de 170 ans après Jésus-Christ, contemporaines de l’empereur Marc Aurèle : des conduites d’eau chaude, une piscine gallo-romaine, des poteries du XIIème siècle, des statuettes et d’anciennes plaques moyenâgeuses des rues Chartière et du Mont Saint-Hilaire (ancien nom de la rue de Lanneau) dont le «Saint» a été buriné pendant la révolution. Aujourd’hui, on peut admirer ces plaques derrière le bar du Coupe-Chou.

La façade du restaurant avant sa restauration
Imaginez le roi Henri IV venant retrouver, en face du Coupe-Chou, la belle Gabrielle d’Estrée... Imaginez un barbier qui, au XIIIème siècle, tranchait la gorge de ses meilleurs clients, avec un coupe-chou (nom du rasoir qu’il utilisait) et le charcutier d’en face en faisait de célèbres pâtés. Au XIXème siècle, un berger habite au cinquième étage de cette demeure avec ses chèvres. Il les mène tous les jours à Belleville et chaque soir, le troupeau grimpe les marches qui mènent à la chambre du berger.

Le bar à l'entrée avant les travaux
A deux pas de la rue du Mont Saint-Hilaire, la rue Jean de Beauvais et la rue Chartière forment, autour d’un puits foré par l’Abbé Certain en 1572, une place. De nombreuses maisons ont malheureusement disparu. Les bases de ce puits existent toujours, on peut les voir dans le deuxième sous-sol des caves du Coupe-Chou.

Dès le XIVème siècle, Tous les étudiants des collèges et universités du quartier : Collège de la Sorbonne, Collège Coqueret, où étudièrent Ronsard et Du Bellay, fondateurs de la Pléiade, fréquentent assidûment ces ruelles. Jusqu’en 1880, la rue du Mont Saint Hilaire, petite ruelle, compte 14 librairies ! Aujourd’hui, cette rue est rebaptisée rue de Lanneau.

En 1803, un restaurant « Au Puits Certain », aujourd’hui le Coupe Chou, est célèbre grâce à un chroniqueur, Monsieur Ducray-Duminil, précurseur de Gault&Millau, qui écrivait « Monsieur Gauchois mérite des autels pour ses «têtes de veaux farcies au Puits Certain» qui font souvent tourner la sienne, par la multitude de demandes dont il est accablé. Enfin, tout ce qui sort de sa modeste et peu apparente boutique (rue du Mont Saint-Hilaire) dont lui seul gouverne le four et dont il fait les honneurs avec une simplicité et une modestie digne de l’ancien régime, atteste l’artiste le plus distingué et le plus consommé dans son art. » Dans ce quartier du cinquième arrondissement de Paris, tout vous parle de l’ancienne cité médiévale, le tracé tortueux des ruelles, les pavés inégaux, les hautes façades ventrues des maisons. Vous êtes au coeur même de la ville : la muraille de Philippe Auguste qui ceignait Paris au début du XIIIème siècle, subsiste encore au 3 rue Clovis, massive et couronnée de lierre.